Guilhemorand

18 octobre 2013

D’un pont à l’autre

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 1 h 53 min

Marcher contre eux avec toute ma fureur. Leur faire affronter une déferlante. Que pour une fois, une toute petite fois, ils regardent une chose en face.

Acte d’une folie forcée

Acte d’une folie jouée

Acte d’une folie simulée

Tant que tous faisaient semblant de voir le fantôme, le retour en arrière était possible.
Comme eux, tu jouais, tu t’amusais. Petit être membre de leur monde.

Mais, dès lors qu’il disparait à leurs yeux.

Dès lors que la tache blanche de sa voix articulée, a jetée sur toi seul sa haine. Et que ce son a touché ton visage. Dès cet instant précis, cet instant électrique, alors la folie n’est plus simulée. Le retour n’est plus possible. Elle est devenue tienne. Ton fardeau.
Elle devient un poison qui gémit. Une tête frappée. Une tête sans lien avec ses mots. Une tête séparée d’eux.
Séparée de sa propre possession.

L’action irréparable privée de sens est une fatalité. Elle fait corps avec ton état. Elle te fait sentir qu’elle est ta chair. Elle s’accomplit d’elle-même.
Oui. Pour toi tout n’est plus que silence. Car tu les as perdu, tes mots. Tu leur as abandonné, à eux. Spectateur. Voyeurs.
Ils te dérobent. Te prennent tout.
Sans toi, avec eux seulement. Enchainés à leurs propres personnes, devant ton acte, eux ne peuvent que commencer à parler. Ou t’ignorer. Et ignorer ainsi la possibilité du silence.

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

Fadsara |
Un livre en poche |
Fleurdelacour |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Farago
| Abadamfjs
| Elanamizi