Guilhemorand

20 octobre 2013

Un jardin en enfer

Classé dans : Non classé — guilhemorand @ 1 h 35 min

Rêver, et peut-être même pas cela ? Mais peut-être que cela, et rien d’autre. Vivre en enfer, c’est vivre dans son rêve, sans pouvoir en sortir. Y rester pour l’éternité. Non pas que le rêve soit mauvais, cauchemardesque, noir. Il ne présente juste aucun intérêt s’il est sans le retour. Sans l’état de l’éveil. Sans cet entre deux. Ce pont. Ce passage. Dante passe d’un cercle à l’autre. Et entre les deux il est éveillé, attendant de s’enfoncer plus en profondeur. Mon éveil vit pour mes rêves. Revenir transformer de chaque rêve, et chaque jour poser un morceau de rêve sur une branche du réel. Le voir grandir avec le temps. Le voir s’élever. Prendre forme. Dans l’excitation prendre peur, angoisser. Sera t-il beau ? De quelle espèce ? Quelle saison ? Trouvera t-il sa place au milieu de la forêt ? Ou stoppera t-il les tempêtes de sables, seul au sommet de sa dune ?

Ne pas se réveil c’est se priver de la possibilité de vivre pour ses rêves. Se priver de la possibilité de penser à eux, de prendre conscience de notre nouveau monde. C’est vivre avec la crainte du regard ancien. Vivre sans l’espoir d’un nouveau regard.

Un enfer. Une suite de rêve, sans un instant entre eux. L’impossibilité d’en revenir, de raconter. Le rêve dont on ne revient pas est si effrayant, que les esprits n’osent en parler. On le redoute, on le fuit.

Dans leur lâcheté certains essayent de vivre dans un état d’éveil permanent. Monde de la blancheur immaculée, de l’absence de trouble. De l’absence d’image. L’on vit dans les églises entouré d’images, sans songer à faire les siennes. On décharge sa peur sur les rêves des autres, ils nous portent. On prie pour traverser la terre sans n’avoir jamais rien connu. Sans emporter avec soi la possibilité d’un rêve. Vivre dans un monde où le rêve ne manque pas. Où l’on ne connaît pas son existence. Où on ne l’attend pas.
Je préfère vivre dans les limbes, sans le manque de Dieu, que dans un monde où mes rêves ne me manqueraient pas. L’enfer est le seul endroit où l’on peut vivre avec soi-même, et tout ce que nous portons.

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