Guilhemorand

12 novembre 2013

Le secret

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 0 h 47 min

J’ai vu le cuir pleurer sous la pluie. Et les hommes marcher sur les feuilles des arbres. Elles jonchaient le sol.

Leur corps se mêle au ruisseau. Il faut se frayer un chemin à travers leur abondance.

Mais c’est impossible.

L’homme agite ses pieds nus, il froisse une forme lavée. Tout sombre sous ses pas.

La multitude se confond avec le bitume et devient cause de mon aveuglement.

Je ne vois plus que de l’eau sous le cuir. Sous le vrai.

Les gouttes sont le reflet de l’écho caverneux. De ce vide que je cache. Ma honte, et mon secret.

La bière m’a fait oublier le sérieux de ces enfants de 17 ans.

Et l’on a de l’eau plein les yeux, quand on attend à la sortie, qu’elle ne vient pas, et que tout seul l’on est là. Bien contraint de se souvenir.

Guido d’amour

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 0 h 42 min

La mer balance ses corps morts sur la plage où je fuis. Me voilà poursuivis par une voix du silence.
Je lève délicatement les épaules, en signe de résignation, bon enfant.

Le vague à l’âme, le vent emporte quelque chose.
Le choc assourdissant des vagues a empêché toute construction.
Elles m’ont dit plus qu’elle. Elle qui était faite de paroles.
Elle ne dit plus rien. Alors il ne reste que les vagues.

Tu ne sais rien du sifflement de ton Guido. Moi l’imposteur, je ne peux être lui.

J’ai le vague à l’âme. Mon monde est fait de l’image et du souvenir d’un autre.
Comment ne pas se confondre avec lui.

18 octobre 2013

D’un pont à l’autre

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 1 h 53 min

Marcher contre eux avec toute ma fureur. Leur faire affronter une déferlante. Que pour une fois, une toute petite fois, ils regardent une chose en face.

Acte d’une folie forcée

Acte d’une folie jouée

Acte d’une folie simulée

Tant que tous faisaient semblant de voir le fantôme, le retour en arrière était possible.
Comme eux, tu jouais, tu t’amusais. Petit être membre de leur monde.

Mais, dès lors qu’il disparait à leurs yeux.

Dès lors que la tache blanche de sa voix articulée, a jetée sur toi seul sa haine. Et que ce son a touché ton visage. Dès cet instant précis, cet instant électrique, alors la folie n’est plus simulée. Le retour n’est plus possible. Elle est devenue tienne. Ton fardeau.
Elle devient un poison qui gémit. Une tête frappée. Une tête sans lien avec ses mots. Une tête séparée d’eux.
Séparée de sa propre possession.

L’action irréparable privée de sens est une fatalité. Elle fait corps avec ton état. Elle te fait sentir qu’elle est ta chair. Elle s’accomplit d’elle-même.
Oui. Pour toi tout n’est plus que silence. Car tu les as perdu, tes mots. Tu leur as abandonné, à eux. Spectateur. Voyeurs.
Ils te dérobent. Te prennent tout.
Sans toi, avec eux seulement. Enchainés à leurs propres personnes, devant ton acte, eux ne peuvent que commencer à parler. Ou t’ignorer. Et ignorer ainsi la possibilité du silence.

7 octobre 2013

Absence sans téléphone

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 2 h 44 min

Le téléphone se coupe et immédiatement l’absence se fait sentir, elle surgit.
À travers le béton, le bois du plancher, la cataracte du ciel, elle me montre du doigt, avant de m’oublier.

Te voilà punis, elle est partie. À nouveau seul.

Mon amie communication, tu devais garder les lieux et les liens, établir une fausse distance. Me faire vivre dans l’oublie! Etablir des rapports de proximité ! Alors pourquoi suis-je seul!!! Pourquoi un tel sentiment en un instant ! Alors qu’elle était là ! Au bout d’une caresse électrique, une vibration si simple, si essentielle, si envoutante. Et op, plus rien.

Tu me fais vivre avec une présence, alors que je devais vivre avec l’oubli de son absence, par l’illusion.

Mais te voilà partie, et seul je redeviens.

Sans no man’s land à franchir. Je n’ai eu le temps de rien sentir, rien percevoir. Tout fut si brusque. Un éclair, un foudroiement.

Sans même un retour possible de cette guerre.

Me voilà le plus immédiatement seul.

Un geste aura suffit à me condamner.

Poème ou roman

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 2 h 31 min

Je voudrai que mon poème soit un roman, la vie d’un coup, la vie en un éclair.

Sans m’arrêter, débiter une longue lignée, un sentiment allongé.

Le poème n’est que le sentiment d’une intuition.

Le roman n’est que l’exagération du sentiment.

La volonté de planifier l’intuition.

Un an de travail, de passion, d’exagération du sentiment.

Toute cette excentricité pour en arriver là.

Pour en arriver à dire:

ce n’est toujours pas ça.

Encore et toujours je voudrai dire autre chose.

Encore et toujours des significations.

Mais jamais la lumière au bout du rayon.

Seulement des ombres.

Un soleil rouge se lève

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 2 h 24 min

Un paysage jaune me fait goûter le soleil à son élévation.

Un amour indien et sauvage, des hommes dansants, des têtes de bisons.

Une sorcière multiple répand le son le plus fort.

Une répétition:

je suis le rouge qui se démarque du jaune pour en faire mon auréole.

La femme au vêtement blanc s’avance.  Elle chante pour moi au pas de l’avenir.

Elle me fait toucher à l’essentiel. L’oubli

Je fuis dans la forêt avec Rameau pour la caresser au rythme de ma pulsion sanguine.

Peut-être un jour à nouveau la paix et l’innocence.

Que ne donnerai-je pas?

Son absence

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 2 h 18 min

Elle n’est pas venue.

J’ai traversé le pont et j’ai attendu.

Je l’ai attendu.

Elle me fait connaitre son oubli. De loin. Par un message.

Je suis forcé d’être avec moi-même

Inconsciente, et innocente. Si seulement je pouvais penser cela.

Il demeure le risque volontaire d’une ironie, d’un mensonge.

Sa possible moquerie me fait mal.

Peut-on oublier un être que l’on aime?

Ou ne se souvient-on que des rats?

L’abandon aime.

Fantasme d’une liberté absolue qui existerait sans attachement.

Une imagination vide

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 2 h 12 min

L’amour ne vient que dans l’imagination.

Jusqu’au premier rêve, elle n’existait pas.

Soudain une idée réelle vient envahir une image irréelle.

Si c’était un espoir?

On doute de soi-même et de sa réalité.

On abaisse les flots bleus qui envahissent le sol et libèrent une puissance incomblée.

Des bas fonds au sommet on tente le voyage

Si l’image seule reste on en vient à douter de la pensée, alors elle devient réalité.

Le sentiment, ce besoin, ayant passé l’épreuve de la tache blanche, gagne son droit à l’obsession.

L’enfant mot

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 2 h 01 min

Contempler les mots comme l’enfant qui ne sait lire.

Retour à la magie et au cri d’angoisse.

Fatigue d’un homme vivant sans le sens, et ne peut plus lui substituer son rêve.

Ne plus voir les fantômes de l’autre côté du pont. Rester pour toujours sur la même rive

Celle où l’on ne voulait pas être, celle que nous avions renié

Mal être sous un soleil qui fait disparaître les mirages.

L’homme bidon ville

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 1 h 58 min

Je suis poussé en avant dans une nature.

Paysage floue qui défile

Au coeur de l’arbre l’homme bidon loin de la ville cherche un espace

Sortir, respirer ce gout vert, loin des cheminées, du béton, de la couleur totalisante, je trouve peut-être une vérité

 

C’est en fuyant une chose, en cachant mon regard, sans me retourner, que je vois un jeu des êtres.

Cet alignement entassé, cet ordre du pauvre. À la frontière du mythe la vie crée sa subsistance.

L’homme ville, l’homme bidon. Maintenant nos pauvres n’ont plus de souliers.

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