Guilhemorand

7 octobre 2013

Mémoire

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 1 h 46 min

Tu voulais que les mots te contiennent, mais c’est toi qui les contiens.

Tu les reçois en toi.

Tu regardes le papier où tu n’es pas.

Plus tu t’emplies d’eux plus tu te vides

Un moi sans rien derrière

Sans leur mémoire, sans ma mémoire

Je ne possède même pas la leur

Ils sont pleins à jamais, je suis vide pour toujours.

Et face aux mots ne plus exister, ne plus détruire

Être soi et seul, une coquille vide

N’en plus pouvoir de recevoir

Absorber et régurgiter comme un spectre.

Une outre pleine de son vin, sans pouvoir murir au soleil.

Je n’ai plus de mots, je n’ai que des images pour me tenir éveillé.

L’éclat

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 1 h 42 min

Pourtant je voudrai crier pour être entendu
Crier pour partager

Pas crier pour crier

Mais crier pour rire, pour exister, pour éclater

Il n’y a personne sur qui crier

Si je pouvais hurler, hurler sur moi, si je pouvais m’entendre alors tout s’arrêterait.

Hurler sur soi-même, sans crier sur les autres

Respirer sans souffler

Hurler sans entendre

Crier pour comprendre

Ne pouvoir se comprendre, être sourd au son de sa propre voix

Voix, voix, écho sans son.

22 septembre 2013

Le mal vénitien

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 1 h 12 min

Qu’es tu devenu amour de Venise? Sous le ciel vibrant, sous le toit de la chapelle, où tu te fondais en Vivaldi, où tu devenais musique, où tu deviens la céleste contrée de mon imagination. Belle fille d’Asie, tu partageas ma nuit de passion dans l’ivresse du son. Ton corps, nourriture de mon être, s’envolait sous le regard du musicien. Je fus jaloux de ton être. Jaloux de la musique que tu aimais. Que ne suis je un puit vénitien? Que ne suis je la voute céleste? Que n’eus je le courage de me plonger dans la nuit noire du plis qui te caressait! Tu resteras l’image du lointain solitaire reposant sur la trace du passé. Seule dans la ville de l’amour d’occident, contemplant mon ciel. Pauvre image du poète qui te voit. Qui es tu ma pierre de mémoire? Te retrouverais je dans mes errances?

Nuit d’aimé

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 1 h 11 min

Dans ma solitude j’attends, quoi donc? Quel objet mérite tant d’espérance?

Pourquoi mon livre ne coule t-il pas dans ce fleuve pareil à ma peine? Viendras tu par devant moi? Que ton oui sonne comme un chant salutaire!

Pureté dans mon ciel d’hiver. Es tu mon amante ou mon amie? Me prendras tu par le bras? Franchirons nous les portes de Saint Pierre? Briserons nous la glace? Trouverai je ton parfum à travers les baisés inavoués?

Ou mon ami Musset me tiendra t-il lieu de spectre, du fond de mon vin à Poëte? L’amour est l’espérance à travers l’angoisse de mon beau rouge. Seras tu l’éternelle jouissance? Ou mon éternel chagrin au bal des condamnés?

In vinum melancholia.

Amis! Chantez et dansez! Tout est à maintenant recommencé.

Soleil sans ombre

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 1 h 10 min

Je me souviens de l’été enneigé. Milles arcs en ciels sombres tombaient sur les pieds du dormeur. Tu rêvais comme une caricature: ô le beau soleil, ô le bel arbre, ô la fraîche chaleur d’été. Terrifiant ignorant que tu es, cette terre est celle du poète car elle est mère affameuse. Mère sans lait débordant d’insectes dont tu gaves mon corps qui s’allongeait nu sur ton sein ouvert. Ton arbre me servait de couveuse, il m’est devenu serpent étouffeur, qui perdant son parie avec le roseau me tombe sur la machine à rêve.
Je suis seul, pauvre Kafka, plus aucun arbre pour t’accueillir alors que voilà ton père le soleil. Violeur tarissant le breuvage de ma mère, craquelant sa peau sous ton charme. Regardes comme elle souffre. Regardes comme je m’assèche. Regardes moi toi qui le peut, tu m’es caché par ton être, tu te fais ombre.Je suis seul, pauvre Kafka au milieu du désert. Même mon livre jaunie par ta faute. Mais où meurent les cigales?

Rire au Pourpre

Classé dans : Poème — guilhemorand @ 1 h 03 min

Des enfants jouent avec des ballons rouges

On lance, on prend, on éclate

On regonfle

On lance, on prend, on éclate

On regonfle

Tout recommence, alors on s’ennui

On veut une autre expérience

On veut une autre senteur

On veut du nouveau, du moderne

Je détruis ce que je crée, déjà cela ne suffit pas.

Il faut que l’enfant vive la destruction de l’autre

Jouir de son pouvoir

Au lieu de gonfler le rouge avec le souffle de vie on le gonfle de fluide

On le lance à un ami, à une amie

On cogne, on mort, on pince

On éclate

L’amie hurle, puis elle rit

Le ballon rouge était en sang

De la plaie la graine du rire à poussée

Ce rire est ma pourriture

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